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Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan

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Marduk
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MessageSujet: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Dim 16 Fév - 17:02

Il ne faisait pas si beau qu’on aurait pu le croire. Le temps s’assombrissait, et peut-être que le grand gaillard n’y était pas pour rien. Depuis la grande Mer, au-delà du delta, les nuages s’étaient fait plus nombreux pour n’en former plus qu’un. Au Nord, la lumière avait peu à peu disparu pour que des rafales de vent soufflent sur la côte. Puis ce fut le tour de la pluie, drue et puissante. Les libyens, installés là-haut, s’étaient abrités et regardaient le ciel. Marduk aurait du faire de même, lui le seigneur de ces contrées disputées. Mais il n’était plus là.

Sur une embarcation de misère, alors qu’il aurait pu prendre un de ces somptueux navires prit aux soldats de Pharaon, le puissant seigneur voguait. Il n’avait prit avec lui que quelques hommes. Que de braves gars peu armés, prêts simplement à le protéger le mener vers le sud. Il n’avait sur lui que peu de choses et son mobile ne pouvait paraitre mauvais. À moins, bien sûr, que ce ne soit qu’apparence.

Le libyen arpentait le Nil sur son rafiot et le voyage avait duré des jours. Le mauvais temps, l’allure négligeable de l’embarcation, tout cela devait entrer en compte. Sous son vaste morceau de tissu, abrité de la pluie et du vent, il scrutait l’horizon de son œil unique. Sous cape, il savait que son voyage allait prendre fin pour en inaugurer un nouveau. En direction de la capitale, de ce lieu aux mains d’un roi de pacotille, il avançait en silence. Pas un mot n’avait été prononcé du voyage. Rien. Depuis son départ, depuis ses instructions, Marduk n’avait ouvert la bouche. Les dents serrées, il voyait se profiler les contours de la cité. De hautes murailles pour l’accueillir.

Avec son capuchon, il débarqua donc, au milieu de tout le chahut. Lui, silencieux, jetait son regard. Et maintenant qu’il était à bon port, il ne savait plus vraiment comment faire. Tout avait eu l’air facile dans sa tête. Il s’y était vu, déjà, sans problème. Mais ici, il existait des gardes, des passants, des gens courants en tous sens. Au milieu de ces cris et de ceux qui allaient et venaient, le géant marchait en silence. Droit devant lui. Abandonné des siens qu’il avait laissés loin. Pas si loin que ça, à vrai dire. Mais qui avait besoin de le savoir ?
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Janan
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Dim 16 Fév - 17:37

Un brouhaha immense bourdonne dans les oreilles de la jeune fille. Aujourd'hui, il y avait  une livraison importante au grand port de la ville et comme elle n'avait pas son père pour l'aider, c'est seule qu'elle passe les portes du port, ses cheveux collés au visage par la pluie torrentielle. C'était vraiment la météo qu'il fallait pour ce jour-ci.  Mais il en fallait plus pour entamer la bonne humeur et le dynamisme de la brune.   Dans son sillage, deux esclaves qu'elle avait embauché pour la journée attendait les ordres. Deux hommes pas très épais mais qui devraient bien faire l'affaire. Ils était plus vieux qu'elle mais ce n'était pas quelque chose qui choquait ici.


« C'est par ici, les deux premières caisses et ces sacs de cacao ! » Dit-elle en pointant les sujets du doigts.  «  Faites bien attention à ne pas les laisser tomber dans la pluie, ca vaudrait plus rien après. »

Elle faisait le tour de la marchandise pour vérifier les quantités quand sans voir arrivé l'homme immense, elle lui donna un coup d'épaule.   Elle tourna la tête  pour s'excuser et vit une dégaine des plus étrange. Trempé, noir, caché, il n’avait rien d’accueillant ni de souriant.  Elle jeta un œil à son travail et comme il y avait une caisse qui ne pourrait pas être portée par les deux hommes qu'elle avait déjà.

«  Dis, tu cherches du travail ? Faudrait m'aider à porter cette caisse dans la ville, je te payerais à l'arrivée. »

Pour elle c'était monnaie courante de demander de l'aide à l'endroit même de la livraison, elle avait souvent bien moins de bras que de paquet.  Dans sa tunique qu'elle resserra, elle finit par remettre ses cheveux derrière ses oreilles en regardant le ciel, la pluie collant sur son visage.  Janan se pencha pour capter son regard dans l'ombre de sa capuche, se demandant si elle l'entendait.

«  Tu m'écoutes ?  .... Oh puis fais comme tu veux. »

La jeune femme finie par soupirer et retourna à son sac de cacao qu'elle jeta sur son épaule avant de se battre avec la caisse.  Elle arrivait à la porter mais sur la distance qui les séparait de l'échoppe, ce n'était pas aisé. Au final, elle reposa le tout, fit un pas en arrière, les mains sur les hanches, elle examinait tout ça.  Elle ne s'inquiétait pas même de la pluie qui la trempait, collant ses vêtements à son corps.
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Marduk
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Dim 16 Fév - 18:22

La pluie battait toujours si fort qu’il était difficile de voir plus loin qu’à quelques mètres. Surtout obstrué par le vent et les gens, par sa cape de fortune qui battait devant son œil unique, Marduk n’y voyait que peu. Son champ de vision gêné, il avançait néanmoins. À chaque pas, un obstacle se dressait en traves de sa route. Et à chaque pas, il manquait de bousculer quelqu’un. Au final, ce genre de chose devait bien finir par arriver, il n’en doutait pas. Si ce n’était une caisse qui lui tombait sur la tête ou un garde qui s’interposait devant lui, il se passerait forcément quelque chose. Comme une forme féminine, peut-être.

Avouons-le, Marduk n’avait rien vu. Rentrant dans quelqu’un, il avait tourné la tête pour tâcher de voir cette brune qui s’excusait. Mais ça ne suffirait pas à lui dire qui elle était, ni si cela avait une importance quelconque. Il pouvait poursuivre son chemin. Logiquement, il aurait même dû le faire. Si ce n’était à cause de lui-même, toutefois, il ne s’était laissé détourner sans raison. Et les paroles de la jeune femme avaient eu un effet. Sans être celui escompté par celle-ci, c’est au moins par sa voix qu’il se stoppa.

Marduk ne prononça pas un mot. Il ne répondit pas. Ses pas cessèrent et il eut un moment la tentation de s’en prendre à celle qui le prenait pour un homme servile. Mais ses traits seuls réagirent, se tendant, se retenant. Il serra même le poing et grogna d’une manière inaudible dans cette tempête. Ce fut tout. Un regard horizontal pour voir au-delà de lui, pour constater ce dont parlait cette fille. Puis ce fut tout. Il reprit sa marche lente vers un but non défini. Sauf qu’elle devait encore le gêner.

Passant auprès d’elle, le colosse se demanda s’il n’aurait pas y gagner, à entrer en ville avec une raison comme celle qu’elle lui donnait. Ses hommes, innombrables, veillaient en-dehors de la ville et attendraient le moment venu pour monter à l’assaut. Ils ne bougeraient peut-être pas avant des lustres. Des semaines, voire des mois pouvaient s’écouler d’ici-là. Marduk le savait. D’un claquement de langue agacé, il s’accroupit donc auprès de la caisse de l’inconnue qui lui proposait de l’argent. De l’or, il en avait des tonnes. Mais une opportunité comme celle-ci, peut-être pas tant. Soulevant donc le paquetage sans difficulté, le libyen se redressa et poussa juste un « Tss… » las et dérisoire à son intention.
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Janan
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Dim 16 Fév - 19:19

Les esclaves et pauvres qui vendaient les services, ont ne leur demandait que rarement d'être courtois et aimable. On espérait d'avantage d'eux qu'ils soit efficaces et discret. Et elle sembla trouver un élément correspondit. Avec facilitée, il leva la caisse avec un sifflement ravi. A présent debout avec les deux autres, Janan récupéra son sac, le balança sur un épaule et regarda les gardes qui contrôlaient aux portes du port. Elle ne restait jamais très longtemps ici, préférant prendre ses affaires et repartir les poser pour les vendrs. Et aujourd'hui était d'autant plus vrai que la pluie commençait à lui glacer les os.

«  Allez, suivez moi et vous perdez pas. »

En général, ils ne s'enfuient pas, voulant être payé ou ayant trop peur des gardes qui ponctuent le chemin qu'elle prenait, inlassablement. Son étale était au marché, pas très loin et c'est là qu'elle se dirigeait. Les deux hommes devant, elle resta derrière le nouveau. Enfin, presque à coté. Il ne connaissait pas le chemin.

«  Tu sais pas parler ? On t'as coupé la langue pour un crime ? »

Elle aime encore bien poser des questions et s'informer sur les personnes qui travaillent pour elle. Il était tellement grand qu'elle du garder la tête levée pour attendre une réponse. Les deux de devant ne marchaient pas très vite et ils mirent du temps avant d'approcher les garde. Le colosse ne parlait toujours pas et il parut suspect aux gardes de la porte.

" Qui est-ce ?"

Janan les connaissait bien et leur sourit, balayant l'air d'un main.

«  Il m'aide, on a tous besoin d'argent à un moment. Vous pensez juste pouvoir vous assurer qu'il me file pas entre les doigts ? Comme d'hab quoi ! » Elle ajoute : " J'vous ramènerait un pain garnit !"

Elle leur sourit, avec la bonne humeur qui était la sienne. Il fallait savoir créer des liens utiles et agréables a force de travailler. C'était assez facile pour elle. Par tout temps. Et bien qu'il y ai la pluie, la brune n'en semblait pas affecter. Elle intima aux trois compenses d'avancer alors que les gardes gardait un œil sur eux. Ils étaient à l'entrée de la ville. Le mot était passé, Janan pouvait avancer avec tranquillité. Elle resta près du géant capuchonné, attendant qu'il utilise sa langue, si il en avait.
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Lun 17 Fév - 8:11

Ce que Marduk faisait là tenait assurément plus du repérage que de la véritable aide. Il ne pensait qu’à lui en prenant cette caisse. Et même s’il était un roi et que cette idée ne lui plaisait guère, qu’il en garderait rancune longuement, le grand souverain de ce territoire si fébrile avançait. De son œil unique, il voyait cette brune et lui trouvait un quelque chose de trop. De trop allant, peut-être. Ou de trop naturel. Un soupçon de confiance en elle qu’il lui ferait sûrement perdre un jour. Qu’elle paye de lui avoir fait subir cette humiliation. Mais bientôt, le principal était fait. Ils étaient en ville. Ils allaient n’importe où et le géant s’en moquait. Mais voilà qu’il posait son premier pays de Memphis. Un jour, cette cité serait sienne.

Détaillant la jeune femme de bas en haut, le puissant étranger était néanmoins entravé par son bagage. Qu’y avait-il là-dedans ? Rien qui l’intéresse. Mais à part le jeter sur la « marchande » pour l’écraser dessous et lui ôter la vie, il ne voyait quoi faire d’autre pour le moment. Quand l’assaut sur le fief de Pharaon serait donné, il voudrait être là pour trancher la gorge de cette inquisitrice. Lâchant un nouveau coup de langue agacé, le libyen tourna la tête ailleurs, alors qu’elle l’interrogeait.

« Contente-toi d’avancer. »

Lui dit-il, déjà las de ses interrogations. Certainement qu’il aurait pu tomber sur pire. Mais là n’était pas la question. Il préférait regarder autour de lui et découvrir la capitale plutôt que de perdre son temps ainsi. C’est pourquoi, éludant les paroles de l’égyptienne, le mâle demanda, sans se préoccuper de la regarder ou non.

« On va où ? »

Juste pour se repérer. Pas plus. Pas moins. Le colosse venu du delta n’avait sur lui que quelques affaires choisies pour l’occasion, capables de le faire passer pour un homme errant, et une modeste dague néanmoins d’utilité fort précieuse. En tout cas, il avançait, et son œil se risqua à se poser sur l’inconnue. Sa patronne ? Ha ha ha.
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Lun 17 Fév - 17:07

Janan n’aimait pas qu’on lui dise quoi faire. Elle s’estimait assez grande et avoir assez vécu pour être autonome et responsable. Et ce qu’elle aime moins aussi, c’est qu’on ne réponde pas à ses questions, surtout quand elle paye ladite personne. Bien que jeune et gentille, se faire marcher dessus n’était pas dans ses habitudes. Elle se fait détailler par ce géant et ne dit rien et alors qu’elle posait sa dernière question, il claqua encore de la langue. Qu’était-ce cette manie ? Et le voilà qu’il lui disait d’avancer encore en demandant sans préambule la destination. La brune s’arrêta et commanda aux deux autres d’en faire autant.

Les gardes près de la porte du port qu’ils venaient de quitter les regardèrent, Janan ne leur prêta aucune attention. Ils surveillaient, comme elle avait demandé. De ce coté-là, ils sont assez efficace. Après tout, ils n’ont que ça à faire, surveiller la porte, les allées et venues puis les alentours. C’est leur travail.

« On va où on va où. Je vois que tu sais parler. Et non, je ne me contenterais pas d’avancer, je te paye il me semble. Alors si tu ne veux pas retourner dans le port sous bonne escorte, tu fais comme les deux autres, tu souris et t’avances, toi. »

La moue sur son visage disparut bien vite alors qu’un sourire illumina ses lèvres. Ce changement d’expression et de comportement pouvait être effrayant mais c’était quelque chose d’assez fréquent. Surtout par temps de pluie.

« Donc, tu viens d’où ? » demande-t-elle chaleureusement.

Elle ne reprit pas la marche tout de suite, voulant savoir si il avait bien compris. Car malgré ses vingt ans, son sourire et sa face adorable, elle traitait les esclaves comme tout le monde. S’ils ne se comportaient pas comme elle voulait et qu’en plus il lui parlait mal, elle n’appréciait pas. Par contre, pour un client ou une tierce personne dans la rue, c’est totalement différent. Le paquetage sur l’épaule, elle attend. Elle s’approche même de lui pour pouvoir le regarder dans les yeux. Enfin, dans l’œil. Elle haussa un sourcil en voyant l’autre bandé. Seule, dans une ruelle, elle aurait pu avoir peur, mais là, devant tout le monde, devant la garde, elle ne craignait rien.

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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Lun 17 Fév - 21:18

La pluie n'avait de cesse. Marduk non pas, n'arrêtait pas. Il avançait et entendait bien continuer, jusqu'à ce que la demoiselle leur intime à tous d'arrêter. Pourquoi ? Pourquoi justement alors qu'il venait de lui dire de tracer sa route sans s'occuper de lui ? Cela n'avait pas de sens. À moins que si, justement. C'était on-ne-peut plus logique. Elle voulait jouer la patronne. Seulement, avec lui, ce n'était pas gagné. Le colosse lui fit face longuement sans riposter. Il attendit simplement, comme si l'orage allait passer. Mais l'averse semblait ne pas devoir prendre fin.

En fin de compte, le géant posa la caisse au sol. Sans se presser, l'eau lui tombant dessus sans discontinuer et il ne souhaitait pas perdre sa longue cape. Le tissu gris couvrait presque l'intégralité de son être, tout le haut de son corps au moins, et l'abritait tant des regards que de cette flotte providentielle. C'est justement parce qu'il arrivait à Memphis qu'enfin la sécheresse prenait fin. Lui seul avait réussi à chasser la suprématie du soleil. Il serait le vainqueur et le libérateur de ce royaume. Il en ferait son domaine. Mais avant ça, il fallait s'occuper de celle qui lui barrait la route.

- Je ne reçois pas d'ordres de toi, femme. De personne...

Froidement, subitement, le libyen s'était mis à réfuter ses dires. Malgré qu'elle ait maintenant l'air enjouée, il ne pouvait permettre cela. Sa main s'avança donc, se portant en direction de l'éternelle sans dire un mot de plus. Il l'approcha tant et si bien qu'elle touchait le tissu de son vêtement. Mais que visait-il ? Son visage ? Son épaule ? Sa chevelure ? Autre chose ? Marduk ne prit pas le temps de se le demander et se ravisa avant. Non loin d'eux se trouvaient des gardes, ceux qu'ils venaient de croiser. Cette ville, ce but qu'il cherchait à atteindre, pourrait devenir son tombeau s'il cédait à ses pulsions. Alors le seigneur venant du delta se calma. Il referma ses doigts dans un grognement sombre, voilé par la pluie.

- Mais je vais te suivre, pour l'instant.


Marduk se baissa pour reprendre son bien. Ce chargement, quoi qu'il contienne, était son ticket d'entrée. Alors faute de travailler pour cette étrangère ou de mener à bien sa mission, il finirait au moins ce travail. Puis il verrait.
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Lun 17 Fév - 21:38

Le colosse de muscle posa la caisse au sol, se redressant. Là, il lui paraissait plus grand. Il y avait des moments où elle regrettait de ne pas être un homme, ne pas avoir la naissance des êtres qui par leur sexes savent commander. Elle avait dû apprendre, faire avec son caractère et son travail. Elle grinça cependant des dents au terme de « femmes ». Mais elle était patiente, non ? Pas tellement. Elle planta ses yeux dans le siens, s’arrêtant à nouveau. Décidément, ils n’allaient pas avancer des masses. En plus, sa main s’approchait un peu trop de son espace vital.

« Tu vas me suivre, oui. Et t’excuser en ravalant tes paroles. Pour le moment je suis ton patron et tu me dois respect à la mesure. »

C’était aussi un enseignement de son père. Au début, il avait craint pour sa jeune fille dans un monde où les femmes ne sont pas vraiment dans le marchandage, dans les livraisons et commandes. Elles sont d’avantages derrière l’échoppe ou à la maison. Donc, son père lui avait dit de ne jamais se laisser faire, de ne pas se faire manger la main, autrement après, c’était le bras. Janan avait déjà ramené des esclaves qui ne lui convenaient pas aux gardes, ils restaient seulement de l’autre côté, attendant un autre travail.
Le géant se baissa pour reprendre la caisse, la pluie tonnant sur le bois. La brune n’était pas contente.

« On restera ici tant que tu n’auras pas réparé cette erreur, autrement tu peux retourner sur tes pas, bien d’autres esclaves sont prêt à porter cette caisse avec bien plus de politesse. C’est tant te demander ? »

Elle ne demandait pas grand-chose pourtant. Des principes. Même si elle pouvait être rude avec cette classe de la société, ce qu’elle demandait, ce n’était pas beaucoup. Alors pourquoi n’en était-il pas capable ? IL devrait lui être reconnaissant d’avoir pris un gaillard aussi effrayant pour employer momentané. Les deux autres, devant s’étaient arrêter, leurs mines déconfites par l’incompréhension, une curiosité vis-a-vis du géant qui ne se comportait que comme très peu de personne avec son comportement rebelle et aussi par la pluie qui les glaçait jusqu’au sang. Elle leur servirait un peu de thé en rentrant.
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Mar 18 Fév - 8:24

Il est des mots que le souverain ne pouvait entendre. Son orgueil démesuré ne le permettait pas. Aussi, le simple fait d'entendre parler d'esclave allait faire naître une boule dans son estomac. Qu'elle utilise ce terme pouvait avoir du sens. Mais en user contre lui, c'était la provocation de trop. Le caractère taciturne et violent du géant ne l'accepterait. La riposte allait venir et ne serait pas savoureuse.

Qu'il soit au milieu de la foule ne changerait rien. De toute sa vie, Marduk avait subit les quolibets, les agressions, les railleries de ses frères libyens. Mais jamais il n'avait reculé ni cessé de se battre. Les armes et le sang ne l'effrayaient pas. Alors, cette petite égyptienne sans importance, pensait-elle réellement pouvoir se mesurer à lui ? Plus qu'un affront, c'était une insulte. Grimaçant, serrant les dents, l'immense étranger relâcha sa caisse avec plus de vivacité que la première fois. Le contenant en craqua même, manquant de répandre sur le sol son précieux chargement. Dans le mouvement de toute cette foule, qui pouvait donc voir cela ? Les gardes ? Qu'importe. Ils ne l'emporteraient pas au paradis. Surtout pas elle.

- Esclave ? Tu as osé m'appeler « esclave », moi ?!

Le ton montait. Sous sa capuche, Marduk devait paraître moindre qu'il ne l'était vraiment. Ce vêtement rapiécé avait certes de quoi le faire passer pour un individu non-libre, pauvre et miséreux. Mais maintenant, en colère et presque enragé parce qu'elle s'évertuait à faire, l'homme venu du delta retira son pardessus. Il l'ôta brusquement, le jetant à terre comme il l'avait fait pour la caisse, et fit un pas vers la femme. Il la bousculerait s'il le fallait, ne pouvant dorénavant plus en rester là. Tant pis si c'était une bêtise qui lui coûtait cher. Marduk, reconnu pour sa férocité et les carnages dont il était le chef d'orchestre depuis des années, qui combattait sa propre race pour se faire une place, ne céderait jamais. De sous son habit sortit une lame, tandis qu'il marchait sur Janan.

- Je vais te faire goûter au fer, maudite que tu es. Tu vas comprendre ce qu'est la douleur et peut-être sauras-tu retenir tes mots à l'avenir ! 

S'il la tuait, il est certain qu'elle n'aurait plus grand-chose à dire. Mais quand on en arrive aux extrêmes, il ne faut s'étonner de rien. La foule s'était en partie arrêtée autour d'eux. Dans un périmètre restreint, il n'y avait que l'avancée du libyen tendant la main vers elle, l'autre prête à frapper ou lui couper la langue.
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Mar 18 Fév - 13:46

Aurait-elle poussé le bouchon un peu trop loin ? La réponse ne pouvait qu’être positive au vu des craquements de la caisse, de la cape jetée sur le sol mouillé. Oui, elle osait l’appeler esclave. Et si il n’acceptait pas de terme, c’est qu’il n’en était pas un ou alors que sa liberté venait de lui être fraichement retirée. Sa voix prenait de l’ampleur, elle l’entendant maintenant aisément sous la pluie battante de la rue. Enfin sans sa cape, la brune pu voir à quoi ressemblait ce géant. Et pour être grand, il l’était. Et massif, en plus. Une boule de muscle, au point qu’elle se demandait comme il ne pouvait pas rouler avec sa carrure.

Les yeux de Janan s’écarquillèrent un instant à la vue de la lame luisante pointée dans sa direction. L’homme s’approchait, quelques pas suffirent pour combler la distance qui les séparait. Lui faire gouter le fer ? Non merci, elle avait bien mangé au petit matin. Mais qui était-il ? Et pourquoi ne s’était-elle pas méfiée au port ? elle recula d’un pas alors qu’autour d’eux, une mini arène composée des corps de passants se formait. Génial, elle était à présent un spectacle. Mais bien résolue à ne pas se laisser faire, la brune reculait encore, faisant bouger le petit cercle.

« Mais qui t’es ? » elle éleva la voix. « A la garde ! Garde ! »

Avec la pluie qui battait si fort, elle douta qu’on puisse l’entendre, surtout avec les murmures et brouhaha que font les passants. De son épaule, elle laisse aller son sac. Décidément, cette commande ne se serra pas passée comme prévu, elle aura des comptes à rendre à son père. Ne voulant pas se laisser faire, puisque ce n’était pas son genre, elle ne recula pas d’avantage. Etant une femme, elle avait souvent appris à se défendre contre les garçons qui l’embêtaient alors qu’elle était adolescente. Un bon coup de genou bien placé et en général, ils ne répliquent pas d’avantage.
Se mordant la lèvre, ne reculant plus, Janan avance vers lui, un pas, deux pas, elle lève le genou mais alors, elle perd son unique appui sur une pierre glissante. Avant qu’elle n’ait pu esquisser le moindre geste, la voilà sur les fesses, dans une flaque un couinement de surprise et de déception, elle relève illico le regard pour le poser sur la lame qui était toujours dans sa direction.

« Les gardes ne te laisserons pas t’en sortir si tu me touches avec ça. »

Son père ne l’avait pas préparé à ça. Au loin, on entendant les cliquetis de gardes qui essayent de se frayer un chemin dans la foule amassée.
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Mar 18 Fév - 15:51

Tout ne se déroulait pas comme prévu. Marduk, le puissant homme du delta, le vainqueur des autres tribus du nord, se trouvait dans une situation qu’il ne maitrisait plus. Du fait de sa colère légendaire et des mots de cette impertinente, il était sur le point de commettre l’irréparable. Non, c’était déjà fait. Des gardes accouraient. Les mêmes que plus tôt. D’ailleurs, les deux autres esclaves avaient l’air de vouloir prendre le parti de la marchande. Personne n’était avec lui. Qu’importe. De sa vie, il n’avait jamais eu d’alliés.

Le colosse avançait vers la brune quand une pierre le frappa. Une pierre ? Oui. Un caillou. Une petite roche que quelqu’un, dans cette foule, avait ramassé. Peut-être un non-admirateur. Peut-être aussi un personnage courageux. Ou bien un inconscient. Marduk s’arrêta donc un instant en sentant l’impact de la pierre sur sa peau. Son épaule saignait. La douleur n’était rien, mais des cris se faisaient entendre. Pourquoi ? Quelle bêtise. Dans cette pluie qui s’acharne, les gens soutenaient cette faible femme au caractère trop affirmé. Le libyen n’avait jamais permis une telle chose en son modeste royaume. Il ne pouvait accepter cela. Et pourtant, c’est bien ce qu’il semblait voir arriver.

D’autres pierres fusèrent. La plus méchante atteignit sa paupière, non loin de son œil perdu. À ce moment, Marduk sentit qu’il perdait réellement pied. Au-dessus de celle qui restait au sol, il n’eut pas le temps de frapper. Les gardes étaient à deux pas. La pluie l’aveuglait, tout comme le sang coulait sur son front. Sa lame battit l’air pour atteindre un passant resté trop proche. Il ne fallut pas plus de cinq secondes, par la suite, pour qu’il sente la défaite l’emporter. Ce n’était pas grave. Ce genre de chose lui était déjà arrivé. Il se relèverait toujours. Un jour, il aurait sa revanche. Sa jambe droite fut plantée par une lance et traversée de part en part. Il s’inclina. Le second garde lui fichu un coup de bouclier dans le crâne pour l’envoyer au sol. Tout ce que Marduk pouvait retenir, c’était son effondrement comme une masse ensanglantée dans la rue sablonneuse et trempée. Ces seuls mots sortirent de sa bouche avant qu’un voile noir ne s’abatte devant sa vision : « Un roi, je suis un roi… je serai le seul et l’unique… »
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MessageSujet: Re: Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan Mar 18 Fév - 19:29

Sur le sol, Janan se fait attaquer aux pierres. Des fruits parfois. Mais en réalité, ce n’est pas elle. Autour d’elle, des exclamations, des huées, tous contre l’homme, l’esclave qui n’en était pas un. Levant le bras au-dessus de la tête pour ne pas en recevoir un au visage, elle regardait la scène d’un point de vue unique. Elle n’aurait jamais pensé que cela puisse prendre une telle tournure. Il faut dire que les esclaves qui se rebellait c’était assez vraiment mal vu, mais un colosse qui prends une arme pour s’en prendre à une jeune femme à terre, cela devait l’être encore moins. Elle ne sut pas d’où venait cet engouement de la part du peuple, mais le prit avec grand plaisir. De quoi sauver ses fesses déjà douloureuses par la suite.

Elle finit cependant par avoir des égratignures plus ou moins profondes au bras, mais ce n’était rien à comparer de ce que recevait le grand homme. Au moment ou la jeune brune se relève avec l’aide d’un passant, l’homme, lui, se laisse aller lentement au sol sous le poids de ses assaillants. Les gardes qui étaient enfin arrivés lui ont même planté une lance dans le mollet. Elle commençait a avoir l’habitude de ce genre de blessures avec ce qu’elle voyait dans les rues, mais être témoins de si près, elle grimaça, levant sa propre jambe, imaginant la douleur. Quand le sauvage fut au sol, rejeté tel quasimodo pour sa laideur, les gardes l’enchainèrent. Il avait perdu connaissance. Avant de sombrer dans l’inconscience, il avait murmuré des mots. Elle ne comprit que le premier. Un roi. Etait-il un Roi ? Mais d’où ?

Le silence revint plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru. Sur le sol, elle voyait la caisse fragilisée, son sac ayant pris l’eau, ses deux autres esclaves qui continuaient de chahuter, prenant la défense de la brune. Elle leur sourit, recouvrant son bras de sa tunique avant de rapidement récupérer son sac. Les gardes la regardèrent, la questionnant du regard. D’un signe de tête, elle les remercia, les gratifiant d’un large sourire, moins dynamique que les précédents. Un de ces hommes prit la caisse délicatement et la porta à l’extérieur du cercles de passant. Un dernier coup d’œil vers l’homme à terre, il était transporté dans une charrette, certainement dans les prisons, ou au bord du Nil, ils en mettent souvent là-bas, par manque de place dans les prisons. Ce qui était le cas en ce moment.

Cet homme, elle ne voulait pas le revoir. Cet œil, ce regard, cette lame, elle se savait en danger si elle recroisait son chemin. Ce gaillard suintait la fierté, et ce genre de personnage que l’on a offensé, il n’était jamais bon de les contrariés. Prenant une résolution qui ne passerait pas les vingt-quatre prochaines heures, elle reprit le chemin de son échoppe, deux esclaves et un garde pour escorte. Ce genre d’incident se dissipait aussi vite qu’il arrivait. C’était monnaie courante au port.
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Memphis, nous voilà ! Marduk & Janan

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